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L’actus
du Pro Bono

L’engagement : expérience transformatrice pour les jeunes ?

Le mardi 29 juin, nous avons organisé un déjeuner avec le Club du pro bono sur le thème : L’engagement : expérience transformatrice pour les jeunes ? Voici un rapide récapitulatif des échanges !

** Quelques mots sur le format, tout d’abord : nous avons rassemblé une dizaine de personnes, jeunes et moins jeunes travaillant au contact de la jeunesse autour d’un déjeuner et les avons questionnés sur leurs croyances, leurs constats et observations sur « la jeunesse ». Ce sont ces constats et observations que nous vous partageons dans cet article sous la forme de citations.

« Les jeunes », une réalité plurielle

Dès le début de nos échanges, le groupe a tenu à préciser que parler “des jeunes” ou de “la jeunesse” était très réducteur : « les jeunes » ne sont pas un groupe homogène. Il y a des réalités, des trajectoires, des envies différentes.

Une enquête de l’Institut Montaigne (Une jeunesse plurielle – enquête auprès des 18-24 ans, Institut Montaigne, février 2022) souligne 3 lignes de clivage que seraient le sexe et le genre, le capital culturel hérité et l’origine nationale et la religion. Elle distingue 4 profils de jeunes :

- Les démocrates protestataires (39% de la jeunesse) : souvent diplômé.es, venant de familles favorisées, ils seraient optimistes, attaché.es au vote et à la démocratie et intéressé.es par les questions de genre et d’écologie ;
- Les désengagé.es (26% de la jeunesse) : souvent ruraux, issu.es de familles ouvrières, ils et elles sont sans opinion politique, invisibles dans le débat public, peu présent.es dans les associations ;
- Les révolté.es (22% de la jeunesse) : souvent malheureux.ses, en difficulté matérielle, ils et elles sont sensibles aux questions de racisme structurel, ont une image négative de la politique et sont favorables à un changement radical de nature révolutionnaire ;
-  Les intégré.es transgressif.ves (12% de la jeunesse) : souvent heureux.ses et bien intégré.es, ils sont attaché.es à leur localité mais peu à la démocratie et sont tolérant.es face aux comportements violents et déviants.

C’est donc avec prudence que nous utilisons ces termes dans l’article en relatant nos échanges.

Pour aller + loin : consultez les fiches régionales de la jeunesse 2021 de l’INJEP et du CREDOC !

Une jeunesse engagée ?

Introduisons d'abord cette partie avec quelques données :
-  Près d’un jeune sur deux (48 %) donne bénévolement de son temps au sein d’une association ou d’une autre organisation (parti politique, syndicat, etc.) ;
-  82 % des jeunes collégiens de 13-14 ans envisagent, dans les années à venir, de s’engager comme bénévole - cette volonté d’engagement est plus soutenue parmi les filles, les descendant.es d’immigrés et lorsqu’un des parents est déjà bénévole ;
-  Le taux d'engagement des jeunes en ligne, à travers la signature de pétitions ou la défense de causes, était de 43 % en 2021.

Il est important de rappeler que l’engagement citoyen, c’est l’ensemble des gestes quotidiens que l’on fait pour participer à la vie de la société, venir en aide aux personnes en difficulté, de façon directe ou par le biais de structures diverses. Le bénévolat en fait partie, mais la signature de pétitions, les modes de consommation, etc. sont aussi des formes d'engagement.

C’est ce que tendent à souligner les participant.es autour de la table :

« La plupart des jeunes n’ont pas conscience qu’ils ou elles sont engagé.es au quotidien, que ce soit dans les associations de quartiers, les associations sportives, la signature de pétitions ou encore le partage de sujets sur les réseaux sociaux (racisme, politique, environnementaux...). »
« L’engagement est une chose très présente dans la culture de la jeunesse aujourd’hui, que ce soit à travers les réseaux sociaux, YouTube... Des évènements comme le Zevent, Speedon (évènements caritatifs qui se déroulent chaque année en ligne sur la plateforme Twitch) sont très suivis et battent des records de don et d’audience ! »
« J'ai toujours été engagé : dans le sport, délégué de classe, capitaine de mes équipes...Pourtant, quand j’étais jeune, le champ des possibles ne m’apparaissait pas très grand. Trouve ta voix m’a permis de libérer les choses et m’a donné l’envie de m’engager de façon plus institutionnelle. »
« La volonté et la capacité d’entraide est plus forte qu’ailleurs dans les quartiers : je vais aider mon voisin, ma communauté... Ce n’est juste pas valorisé autant qu’un engagement politique ou écologique. »

La valorisation de l’engagement est un sujet qui est beaucoup ressorti pendant le déjeuner, avec un point d’attention tout de même, celui de ne pas rendre l’engagement « obligatoire » dans nos parcours de vie.

« Il faut valoriser ce qui n’est pas institutionnalisé : l’engagement peut relever de plusieurs réalités ! Ce doit être un des objectifs prioritaires. »
« Valoriser l’engagement, c'est important. Mais pour aller dans un tout autre sens, attention à ne pas aller vers un discours trop "utilitariste". Il faut prendre du plaisir à s’engager et non le faire par contrainte pour ajouter quelques lignes sur son CV. »

L’engagement citoyen, expérience transformatrice ?

L’engagement, notamment associatif, peut être une expérience "transformatrice" pour les jeunes : il peut donner à la jeunesse une capacité d'action et permettre une prise de conscience de la diversité d'actions d'engagement possibles.

La jeunesse a une conscience citoyenne et écologique, elle est sensible aux questions de genre ou de racisme... Elle a des idées à véhiculer.
Elle fait aussi preuve de lettrisme numérique : sa capacité à évoluer dans un environnement totalement numérique lui apporte des compétences précieuses dont pourraient bien se servir les associations et les organisations de la société civile (l’exemple du Zevent est frappant).

À l'inverse, l'engagement des jeunes pourrait bien être transformatif pour le monde associatif et la société dans son ensemble. Mais pour cela, encore faut-il faire de la place aux jeunes, à leurs idées, leur donner l’opportunité de changer les manières de faire. En bref, leur faire confiance !

« L’envie de s’impliquer sous différentes formes est là : les associations devraient davantage faire de la place aux jeunes, leur faire confiance. Leurs talents seront essentiels pour relever les défis auxquels elles (et nous tou.tes) faisons face ! »
« La jeunesse d’aujourd’hui a une conscience citoyenne et écologique bien présente et des compétences individuelles à partager, des idées à véhiculer : nous devons lui donner les moyens de les mettre au service de l’intérêt général ! »

Véronique Bordes, dans une note de 2017 sur l’engagement des jeunes nous disait déjà que « de nombreux exemples nous montrent que si l’institution accepte d’entendre les jeunes, elle leur permet un engagement sans cesse renouvelé ». Elle invitait à « éviter l’écueil de l’engagement en vue de la reproduction d’un système à l’identique, celui des adultes ».

Faire confiance aux jeunes ? Pour conclure, nous reprendrons les paroles d’une participante qui nous dit que si on arrive à faire cela, « sans doute que la société n’aura pas le même visage... »

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