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L’actus
du Pro Bono

María, de l’engagement bénévole estudiantin en Espagne à salariée chez Pro Bono Lab !

Bien que notre chère collègue María ait rejoint Pro Bono Lab en juin dernier en tant que chargée de projets et d'accompagnement, son engagement, lui, ne date pas d’hier. Cette interview retrace son parcours et comment le BEESE project a littéralement changé sa vie !

A elle seule, elle représente probablement le plus bel impact du BEESE project dont l’objectif est de "booster" l’employabilité des jeunes étudiant.es via la pratique du partage de compétences.

Quel est ton parcours ?

Je travaille chez Pro Bono Lab et j’habite à Clichy depuis juin. Je suis espagnole ! J’ai fait mes études d’économie et de sciences politiques à Madrid et mes premières expériences professionnelles là-bas. Dès que j’ai commencé mes études, j’ai été très intéressée et impliquée dans la vie associative, que ce soit dans l’événementiel, les ressources humaines, la communication ou une partie plus opérationnelle comme la recherche de partenariats. J’ai été bénévole dans plusieurs associations où j’ai occupé plusieurs postes pour découvrir ce dans quoi j’aimerais travailler. L’association où j’ai le plus appris et que j’ai le plus aimé s’appelle AIESEC (NDLR : la plus grande association estudiantine dans le monde d’après Wikipedia) !

Comme mes parents pensaient que la voie associative n’était pas forcément la meilleure option professionnelle, j’ai travaillé d’abord en tant que consultante RSE. J’ai eu de bonnes expériences mais ça ne me plaisait pas.

Après le premier confinement en Espagne, j’ai décidé d’aller en France avec le Service de volontariat européen. Et j’ai débarqué à Rennes où j’ai été volontaire chez Jeunes à travers le monde, une association qui promeut la mobilité internationale pour des jeunes qui ont peu d’opportunités en accordant des bourses, des stages, des projets, des expériences de volontariat... Mon rôle était de coordonner et d’aider sur ce sujet de la mobilité, en particulier pour les projets franco-espagnols. Dans le cadre de mes missions, j’intervenais dans un lycée professionnel en tant qu’assistante de langue, j’organisais des ateliers de collecte de vêtements au profit par exemple de Chaussettes orphelines. J’ai aussi organisé un voyage gastronomique en Bretagne... J’ai fait plein de choses ! J’ai beaucoup aimé et c’était une super expérience, ça m’a tant plu que j’ai décidé de rester en France !

Comment as-tu connu le pro bono ?

Depuis que je suis étudiante donc mais le covid est venu préciser les choses. Pendant le premier confinement, je travaillais en tant que consultante et j’avais deux mémoires à terminer. Ca faisait un mois qu’on était confiné.es et un ami m’a envoyé un lien pour participer à un Marathon Pro Bono en ligne. J’étais libre, l’association avait l'air intéressante. Je me suis dit pourquoi pas ? C’était la première fois que je m’engageais à distance !

Le Marathon n’était pas très traditionnel car il mélangeait des étudiant.es de fac, comme moi, et des professionnels marketing. Il s’agissait d’une mission organisée par Work for social (NDLR : un intermédiaire espagnol du pro bono) dans le cadre d’un projet européen, le BEESE project ! J’ai adoré l’expérience mais il n’y avait pas beaucoup de possibilités de s’engager via ce format les mois qui ont suivi. J’ai trop aimé le concept !

Pourquoi le pro bono ?

En fait, je suis fan du principe du pro bono. De faire du bénévolat avec des compétences professionnelles, et/ou des compétences personnelles.  J’ai fait beaucoup de bénévolat et j’ai rencontré pas mal de bénévoles, ce qui me rend assez critique envers certains types de bénévolat. Des personnes veulent se sentir utiles mais sans forcément s’importer d’avoir les compétences utiles aux bénéficiaires, en s’engageant pour une période donnée et disparaitre aussitôt après. Je pense par exemple au fait de faire soutien scolaire sans avoir des compétences pédagogiques et psychologiques. Avec le pro bono, le bénéfice est pour les deux côtés : pour la personne qui cherche du sens et mettre en pratique ses compétences, et pour la personne qui en a besoin.

Une des choses qui me motive à faire du pro bono, c’est que le monde associatif reste encore trop méconnu dans les universités comme une option professionnelle. Grâce au pro bono, on donne l’opportunité à des étudiant.es pour qu’iels s’en approchent et découvrent qu’il y a des choses à faire. Et que oui, on peut en faire son métier comme travailler dans une entreprise privée ou le secteur public.

Pour quelles associations t’es-tu engagée ?

La plupart des associations sont en Espagne. Les premières c’était la Fundacion Senara et Caritas pour justement faire du soutien scolaire dans la banlieue de Cañada Real à Madrid. J’y ai été bénévole pendant deux ans.

Après, en deuxième année, je me suis engagée auprès de Denaderu, une ONG qui mène des projets pour l’enfance en Ethiopie. Je voulais apprendre sur la recherche de partenariats. Je l’ai aidée pour la collecte de fonds via l’organisation de spectacles solidaires et des hackathons. Je suis partie en Ethiopie avec elle un été. Et même si j’ai appris beaucoup de choses, j’ai aussi été très déçue car pendant ce voyage, j’ai été témoin de comportements et de discours paternalistes pour ne pas dire néocolonialistes (“on vient te sauver”). J’avais 19-20 ans et je n’étais peut-être pas préparée pour ça...

A AIESEC, j’y suis restée 3 ans en charge des alliances. C’est une grosse organisation internationale qui fait pas mal de choses, notamment sur la sensibilisation aux ODD et la mobilité internationale. Elle offre plein d’opportunités aux jeunes qui s’y engagent. J’y ai vraiment beaucoup appris grâce aux sessions de formations organisées pour les bénévoles : leadership, communication, soft skills.... Certes c’était du bénévolat mais j’ai l’impression que c’était une expérience professionnelle tant j’y ai appris aux côtés surtout d’autres bénévoles (levée de fonds de 60 000€, organisation de gros événements). J'ai arrêté par faute de temps.

Enfin, je peux citer l'ONG AIRE, qui est la première association locale de ma ville (La Coruña) qui travaille auprès de personnes réfugiées. Je m’occupais de l’intégration et des newsletters pour les bénévoles.

Raconte-nous ton expérience pro bono !

Le Marathon Pro Bono m’avait beaucoup plu. Nacho m’a recontactée car il avait créé un projet avec Work for social, s’inspirant du Beese project, qu’on a tous les deux connus avec les Marathons Pro Bono.

Et ce nouveau projet s’appelle Social Builders qui propose un accompagnement de 2 mois en pro bono et réunit pour chaque mission un groupe composé de 5-6 étudiant.es et 1 à 2 consultant.es et une association accompagnée. On appelle l’association pendant 1 h afin de lui expliquer le projet. L’analyse des besoins (SWOT interne et externe) dure 2 semaines pour bien comprendre l’association, puis 6 semaines de recommandations (plans de travail, stratégie, etc.) qui sont faites par 3 groupes de travail différents. Le dernier jour de la mission, chaque groupe présente son travail au reste du collectif. Au sein de Social Builders, j’ai été en charge de coordonner l’accompagnement de Puebleando qui souhaite favoriser le tourisme durable dans les zones rurales en Espagne. Pour la 2e édition, j’ai été en charge de celui d’Ecoherencia qui agit pour la reforestation, la sensibilisation et la promotion et propose aussi des activités pour les entreprises. Depuis mars, je ne suis plus coordinatrice, je m’occupe du recrutement et de l’intégration de nouveaux bénévoles.

Une grande source de satisfaction pour moi avec Social Builders, c’est qu’on a des étudiant.es qui répètent l’expérience ! Comme AEISIC m’a appris, j’aime que dans Social Builders, on outille les bénévoles, un aspect qui doit davantage être développée par le monde associatif pour ses bénévoles selon moi.

Pendant ma première expérience en tant que co-animatrice, je stressais car j’avais la responsabilité de répondre aux questions des étudiant.es et des consultant.es. Mais en fait, avec du recul, j’ai aimé ce sentiment de responsabilité. J’y ai beaucoup appris ! C’est la même chose quand j’étais en charge de la formation des étudiant.es.

Quelles causes te semblent essentielles à soutenir aujourd’hui ?

Les causes qui me tiennent à cœur sont liées aux inégalités, quelles qu’elles soient : hommes-femmes, sans abri, liées aux origines.... Tout ce qui fait qu’on ne considère pas un être humain comme un être humain. C’est en arrivant en France que j’ai découvert tout ce qui a trait à mon privilège (femme blanche de classe moyenne), en me liant à des personnes de différentes origines. J’ai l’impression que sur ces sujets-là de différences culturelles, la France est en avance par rapport à l’Espagne.

Une autre cause est celle de l’accès à l’eau potable et aux services sanitaires, cause à laquelle j’ai été sensibilisée en Ethiopie. J’ai lu que ne pas avoir accès à l’eau potable a une grande incidence sur d’autres problématiques comme la pauvreté.

Les mutilations génitales féminines est une autre cause qui m’importe particulièrement.

Quel conseil donnerais-tu à quelqu’un qui aimerait s’engager, en particulier un.e jeune ?

Je crois que l’engagement commence par dire “oui”. J'ai l’impression que beaucoup de personnes ont des peurs, celle de ne pas être à la hauteur, celle de ne pas être utile, de ne servir à rien. J’ai envie de leur dire d’essayer ! De dédier du temps à une cause dans laquelle iels croient à 100% pour garder leur motivation.

En résumé, je leur conseillerais de d’abord réfléchir sur le type de causes iels ont envie de s’engager, de se renseigner sur des structures qui agissent sur leurs causes de cœur et après, de ne pas avoir peur et de dire “oui”, de passer à l’action sans trop réfléchir.


🧠 SKILLS SCAN 🧠

Une compétence/qualité dont tu es fier.e ?
Je suis fière de me débrouiller en français, ce qui m’a permis de découvrir un autre monde, et mon adaptabilité.  

Un talent caché/inutile/insoupçonné ?
J’ai posé la question à des ami.es et iels m’ont dit que mes deux talents cachés ou insoupçonnés sont l’interprétation théâtrale et mon ouverture d’esprit. Iels me disent que j’ai très peu de préjugés et que je n’ai pas peur de changer d’avis.  La meilleure façon d’avoir une opinion est la capacité à reconnaitre qu’on peut en changer ! J’ai lu une citation du poète Taylor Mali dans un livre qui m‘a marqué et qui dit ça justement : "Cambiar de opinión es una de las mejores formas de descubrir si todavia tienes una" ! (en français, “changer d'avis est l'une des meilleures manières de savoir si vous en avez encore un.”)

Une compétence que tu aimerais développer / quelque chose que tu voudrais apprendre dans la vie ?
Celle de monter ma propre entreprise sociale et d’“apprendre à désapprendre”. J’aimerais avoir ma propre entreprise sociale dans ma région (la Galice) et je dois encore beaucoup apprendre sur la communication, le marketing, l'aspect commercial... La seconde compétence me servirait pour déconstruire certaines idées qu’on a.

Une compétence/qualité qui pour toi est essentielle dans la vie ?L’empathie !  

Ton expérience personnelle qui t’a apporté le plus de nouvelles compétences ?
A 18 ans, pendant ma première année à l’université, j’ai remporté la bourse Ruta Quetzal du gouvernement espagnol, qui allait disparaitre l’année suivante. Cette bourse a été créée à la fin de la dictature franquiste pour les 16-17 ans puis les 18-19 ans par la monarchie et par l'explorateur/journaliste Miguel de la Quadra Salcedo . Pour la recevoir, il fallait avoir effectué un travail de recherche et présenté un projet entrepreneurial. Un jury départageait les lauréat.es et sélectionnait 180 jeunes dont la moitié étaient des Espagnol.es venant de toutes les régions et l’autre moitié de différents pays hispanophones d’Amérique du Sud. Il y avait aussi quelques places réservées pour des hispanophones venu.es d’autres pays comme la France. La bourse ouvrait droit à un voyage d’un mois à la fois académique et de découvertes. Pour moi, cela a correspondu à 2 semaines au Mexique et 2 semaines en Espagne. On a évoqué des sujets allant des problèmes sociaux à la biodiversité et le quotidien des communautés indigènes. C’était la première fois que je faisais un voyage sans ma famille ou des ami.es. Le téléphone portable était interdit. J’ai passé un mois avec une centaine de jeunes d’origines et de milieux sociaux très différents. Des jeunes venaient des familles aisées et d’autres dont les proches ne mangeaient pas 3 repas par jour. Je me suis réellement rendu compte que le monde n’était pas juste. Avec ce voyage, j’ai créé des liens forts avec des personnes qui n’ont pas la même expérience que moi. C'était physiquement intense mais aussi au niveau émotionnel.

👉 Pour découvrir le programme Beese Project, c'est par ici et/ou rdv le 6 octobre prochain 😉
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